Vendredi 13 mars 2009

10 - 3 :Le Lac Tonlé Sap


Le dernier jour avec Pierre, balade en bateau sur le lac Tonlé Sap : un lac immense ( le plus grand du pays et le deuxième de tout le sud-est asiatique : 3000 km2 en période sèche comme aujourd'hui, et 12000 km2 pendant la saison des pluies quand le Mékong atteint son son plus haut niveau ! ) sur lequel vivent, dans des habitations flottantes qui se déplacent au gré des courants et du niveau de l'eau, dans des conditions très précaires, plus de 1000 familles et 5000 personnes, essentiellement des pêcheurs bien sûr. Mais il y a aussi une église, un terrain de hand-ball et de volley ....

Pour se rendre au lac, d'abord la route bordée de petits villages, puis le bateau sur la rivière .

                     

les gens se déplacent en petites barques à moteur, des bateaux un peu plus grands et confortables sont à la disposition des touristes qui sont nombreux à venir y admirer le soir, le coucher du soleil... On y fabrique aussi des paniers pour pêcher : il y a encore beaucoup de poissons un peu plus loin , et même des crocodiles ! La vie dans ce village, où les femmes travaillent dur comme les hommes, ne doit pas être tous les jours facile!

Il faut tout faire dans l'eau  !!
ce qui rend Pierre manifestement très perplexe au fonds de sa barque  :)
                                                                          





                                                                            




                                                                           


                                                                                  


 

Quant à moi, hier je me suis décidée à m'acheter un "masque " pour me protéger de la poussière que je ne supporte plus !
mais beaucoup de gens en portent ici, et je ne "dépareille" pas du tout !
Au contraire, Siem Reap étant une ville très polluée,en plein boum de construction tous azimuts , et de réfection des routes et trottoirs,  je fais très "locale" !!   
                                                              

                                                                               

Par Martine Bachelier - Publié dans : Cambodge
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Jeudi 12 mars 2009

10 - 2 : La vie au quotidien 

 



Photo du haut : Un genre de mélange entre une myrtille et une cacahouète qui pousse dans les arbres et que mangent les enfants pour son goût sucré : qui peut me donner le nom ? (car on ne l'a pas trop compris :))
 


 Les différents sites autour d'Angkor drainent une foule vraiment importante de visiteurs, ce qui explique que le tourisme constitue désormais clairement la principale source de revenus de la région, devant la pêche qui se pratique pourtant avec abondance depuis plus de 2000 ans sur le lac Tonlé Sap, tout proche (et plus grand lac d'Asie du Sud-Est).

 

Beaucoup de gens vivent dans les prairies de la région, le long des quelques nouvelles routes goudronnées ou des chemins de terre. La région, toute plate, est inondée en saison des pluies (lors de laquelle les habitants cultivent le riz) mais relativement sèche actuellement : les arbres fruitiers (mangues, noix de coco, papaye, fruit du dragon, palmiers, tamarine pour la confiture et le thé ) et quelques maigres vaches constituent la principale activité des villages, qui ressemblent beaucoup à ceux que j'ai pu voir au Laos : maison sur pilotis, faites de bambous et de bois, toute la famille vivant dans l'unique pièce et l'espace entre le sol et le plancher servant de zone de repos et de stockage. Parcourir les routes qui traversent la campagne est vraiment intéressant car on peut voir et s'arrêter dans des villages, comprendre leur organisation et tenter de discuter avec leurs habitants qui se sont toujours montrés accueillants et souriants!

 


                                                                    

 

 

L'arrivée des fonds internationaux destinés à restaurer les temples et à dynamiser la région après les périodes d'instabilité politique forte qu'a connues le Cambodge depuis son indépendance et surtout depuis 1975 a permis de forer des puits dans chaque village pour accéder à de l'eau potable, de scolariser gratuitement les enfants dans les écoles publiques (niveau très faible) et de mieux organiser la solidarité entres les différents villages, même si la corruption semble demeurer très importante.

Il n'y a pas d'électricité dans tous les villages, mais en revanche, la télé fonctionne grâce à des batteries qu'il faut recharger tous les jours!




                         

Sortie d'école à Bantea Srei

 

Selon notre guide, ceux qui veulent sortir des campagnes et de leur village doivent aller étudier dans les villes les plus importantes (Phnom Penh et Siem Reap principalement) où ils paient leurs études post-bac avec des boulots à mi-temps (chauffeur de taxi, réceptionniste, guide, ... enfin tout ce qui a un lien avec le touriste qui apporte des dollars). La plupart voient leur débouché dans le tourisme (manager d'hôtels ou d'agences de voyages, qui appartiennent pour la plupart à des étrangers, surtout coréens) plutôt que dans l'administration ou les services (presque totalement corrompus).

 

Selon notre guide, les jeunes se marient quand ils ont un travail et le « processus » peut durer deux ou trois ans ! Un homme ne dit jamais son amour directement à une femme: il doit passer par un de ses amis de confiance qui va sonder les ami(e)s de la femme, puis ceux de l'homme pour savoir si le terrain est propice à l'affaire, ce que souhaite la femme plus tard, s'ils nourrissent des ambitions susceptibles d'être concordantes, etc ... Quand cet intermédiaire a suffisamment de certitude, il suggère à son ami d'aller rencontrer les parents de la promise pour leur demander sa main. C'est là qu'il doit montrer patte blanche et si les parents sont à peu près convaincus, une négociation s'engage sur l'importance de la « dot » que peut apporter l'homme à sa future femme (essentiellement destinée à payer le mariage). Une fois un accord obtenu (ouf!), le mariage est annoncé, il dure deux jours (un pour les prières, une heure à chaque fois, avec des cérémonies dédiées à la santé, au bonheur, au travail, etc. ; le second jour étant réservé à la fête, qui réunit plusieurs centaines de personnes, entre 200 et 1000 nous dit-il...). Enfin, les époux peuvent vivre ensemble (car s'ils le font d'une quelconque manière avant, s'en est fini pour leur réputation!).

 

 

                           

Petite halte dans une gargouille sur le côté du chemin de terre qui nous mène d'un temple à l'autre : c'est le luxe, il y a même plusieurs plats au choix !!

 



Jus de coco : il paraît que c'est super bon pour tous les maux (évidemment ...). En tout cas, le goût est agréable et ça désaltère efficacement sous cette chaleur écrasante !



Mais où est donc prise cette photo ?

 

 

La blogueuse en plein travail : elle a trouvé un spot wi-fi (confortable en plus!!) qui fonctionne à peu près !! Viiiite, il faut en profiter :)
-Article et photos de Pierre-
 

Par Martine Bachelier - Publié dans : Cambodge
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Jeudi 12 mars 2009

 

10 - 1 :Les temples d'Angkor

 

 

 

Angkor, qui signifie « Ville Capitale », classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO en 1992, est le lieu où les rois Khmers ont établi le siège de leur royaume entre 800 et 1430, avant de déménager à Phnom Penh. Actuellement Angkor est un vaste site historique qui s'étend sur plusieurs dizaines de km2 et se situe à environ 10 km de la ville de Siem Reap (qui ne présente pas d'intérêt particulier si ce n'est son aéroport et ses hôtels pour touristes).

 

Coup du sort, le chauffeur qui nous a amenés de l'aéroport à l'hôtel, nous dit qu'il est aussi guide (ce que doivent dire tous les chauffeurs de taxi). Mais pour un tel site, il faut absolument avoir un très bon guide (ou alors un bouquin super détaillé) car ce n'est pas une visite de tout repos, il y a tellement de choses à lire ou à interpréter dans ces constructions que le non spécialiste s'y perd !! Mais ce chauffeur-guide nous a fait une bonne impression sur le trajet... Allez hop, c'est avec lui que nous partons à l'aventure !


                                                            

Avec ce guide anglophone vraiment très cultivé et intéressant, nous avons visité attentivement 6 temples : Angkor Vat, Ta Prohm, Angkor Thom, Banteay Srei, Beng Mealea et le groupe de Roluos. En résumé, ci-dessous voici ce qu'il nous a appris.

 

La visite de ces temples prend toute sa signification à la lumière de l'histoire du royaume et des légendes qui fondent l'Hindouisme et le Bouddhisme : à son accession au trône, chaque roi construit un nouveau temple dédié à la divinité à laquelle il souhaite que le royaume voue un culte, et dont les murs du temple narrent les exploits. C'est ainsi qu'environ 3000 temples ont été construits sur le territoire du royaume Khmer (qui, à son apogée en 1220, s'étendait sur le Vietnam, le Laos, une partie de la Thaïlande et de la Chine), il en reste environ 1000 sur le territoire de l'actuel Cambodge.

 

Ces temples ont été construits en latérite (une pierre rose, facile à extraire qui devient très dure et granuleuse au soleil, ce qui la rend difficile à sculpter et explique qu'elle n'ait servi que pour les fondations et les murs non visibles) et en grès (une pierre qui donne aux temples leur couleur grise, facile à sculpter et utilisée pour les fresques et bas reliefs). Les temples sont entourés d'eau, se composent généralement de trois enceintes dont la dernière contient la ou les tours-sanctuaires sacrées, en forme de fleur de lotus fermée qui symbolise le royaume des dieux Hindous (le Mont Méru entouré des 7 océans, où vivent les 39 divinités – cf article précédent). La tour centrale enferme la statue de la divinité que consacre le temple. Seul le roi pouvait se rendre dans cette dernière enceinte (3 fois par jour) et le temple était habité et entretenu par des centaines, voire des milliers de citoyens. Une ou deux fois par ans le roi ouvrait le temple au peuple pour qu'il vienne y célébrer la divinité. Shiva a d'abord été la divinité la plus célébrée (de 800 à 1100), puis Vishnu (pendant le règne du roi guerrier Suryavarman II) et enfin Bouddha (comme 10ème réincarnation de Vishnu, sous le règne du roi le plus puissant Jayavarman VII, qui marquera le début de la transition de l'Hindouisme au Bouddhisme).

 

Quelques images et légendes ...


                    

Temple de Banteay Srei (" Citadelle des femmes"), milieu du Xè siècle, construit par un des gurus du Roi Jayavarman V à qui il est dédié.

 

                                                                 

Bantea Srei : Narasimba (homme à tête et griffes de lion, une des réincarnations de Vishnu) déchire la poitrine du roi des asuras (guerriers humains et souvent ennemis des dieux) Hiranyakaçipu.

 


Bantea Srei : Indra (dieu de la pluie reconnaissable à son éléphant à 3 têtes, en haut) envoie une énorme pluie (les vagues) sur la forêt Khandava pour protéger les villageois qui y vivent, en éteignant le feu allumé par Agni (dieu du feu) qui voulait tuer son ennemi le serpent (nâga) Takshaka, au centre. Heureusement que Krishna (une des réincarnations de Vishnu, à gauche sur le char) passait par là : il peut lancer un rideau de flèches si serrées que la pluie ne peut pas tomber !

 

 


























Le fameux Makara, le plus dangereux des serpents, qui crache des Nâgas (serpents à 5, 7, ou 9 têtes). Sa tête est en bas à gauche de la photo et celles du Nâga au centre. Le Makara garde les allées qui mènent au temple : leur long corps, parfois soutenu par des guerriers, borde les 4 allées orientées selon les axes cardinaux.

 



Angkor Vat : le plus célèbre des temples (principalement construit entre 1110 et 1150) par le grand roi guerrier Suryavarman II et dédié à Vishnu. Bon, là, on voit plus Pierre en train de photographier le site que le site lui-même ;).



















Expériences mystiques en direct à Angkor Vat et au Bayon : dans une gopura (« porte ») qui ouvre sur le sanctuaire sacré, les malades venaient se frapper la poitrine, qui résonne (c'est vrai!!) et ressentir ainsi la bénédiction des divinités ; puis entretien personnel avec une représentation de Bouddha : Martine est à fond ;)!!

 



Les racines emprisonnent et désassemblent les pierres du temple de Ta Phrom (fin du XIIè siècle), oeuvre de Jayavarman VII et dédié à sa mère. Chaque fois qu'un nouveau roi accédait au trône, le temple du roi précédent était laissé à l'abandon. Quand les rois partirent de la région d'Angkor vers celle de Phnom Penh au XVè sicèle, les temples d'Angkor furent envahis par la végétation et oubliés : seuls les villageois habitants autour en connaissaient l'existence mais les considéraient souvent comme des endroits où habitaient les esprits maléfiques (c'est vrai que toutes ces racines rendent le paysage inquiétant!!). Ce n'est qu'au XIXè et XXè siècles que des français dégagèrent la végétation et découvrir ces temples.

 


 

Temple de Bayon dans Angkor Thom (fin du XIIè siècle), siège de la capitale du royaume au moment du règne de Jayavarman VII. Ce temple, dédié à Vishnu et non à Shiva, était composé de 54 tours-sanctuaires, représentant les 54 provinces que comptait le royaume à son apogée. Beaucoup ont été détruites ou pillées.

 



Une des tours-bibliothèques du temple de Bakong, du groupe Roluos (fin du IXè siècle) : ce qui est intéressant ici, c'est qu'au début de l'ère d'Angkor (période 800 – 1430 où la capitale du royaume Khmer se situait dans la région d'Angkor) les temples étaient construits en brique, beaucoup plus fragile et moins résistante que le grès qui l'a remplacée ensuite.

 

     

 

 

Une apsara (danseuse royale dédiée au temple du roi, qui tient une fleur de lotus dans sa main droite), son incarnation actuelle et le détail d'un guerrier sur un bas relief

 



Ah, voici enfin Vishnu, au milieu des deux éléphants, sur l'un de ses deux véhicules, Garuda, l'homme – oiseau.



  

Enfin, tout cela n'est pas de tout repos, il a fallu aussi jouer les aventuriers !! (ici à Beng Mealea, temple du Lac Mealea)
- article et photos et commentaires de Pierre - 

Par Martine Bachelier - Publié dans : Cambodge
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Mardi 10 mars 2009
      

 

 


 10 - CAMBODGE  9 au 15 mars 2009


La géographie :


Pays d’Asie du Sud-Est, 13,8 millions d’hab. 181 000 km2 dont 66% de forêts, il est situé entièrement en zone climatique tropicale dominée par les moussons qui provoquent des saisons sèches et des pluies.


Mais au fait qu’est ce donc que la mousson ?

Un régime de vents, dont la direction, constante au cours d’une saison, s’inverse brutalement d’une saison à l’autre. L’Asie est soumise aux moussons. En été, d’avril à septembre, le vent souffle du sud-ouest de l’océan vers le continent en apportant des pluies abondantes sur l’Inde et l’Asie du sud-est. En hiver, d’octobre à mars, elle change de sens et souffle du Nord de la Sibérie, sans apporter d’eau, le temps est sec.

La température moyenne annuelle est de 25°.


75% du pays est formé du bassin de Tonle Sap et des basses terres du Mékong qui traverse le pays, ainsi que deux petites chaînes de montagnes : les monts Cardamone et les monts Éléphants.


Le pays est soumis aux catastrophes naturelles : sécheresses, inondations dues aux moussons. Il souffre de déforestation illégale sur tout le territoire (sa principale ressource naturelle étant le bois), et de l’érosion de la terre. Dans les régions rurales, La géographie du pays en basse altitude, fait qu’à la saison des pluies, le courant du Mékong se renverse, et s’écoule dans le Tonlé Sap. L’eau potable est rare. L’agriculture reste le secteur économique dominant. Les industries principales sont la confection et le tourisme.


Les Cambodgiens (ou Khmers) sont en majorité de religion Bouddhiste Theravada avec une communauté musulmane Cham.


L’histoire :


-Les royaumes pré-Angkoriens : les Khmers ont une origine très diversifiée : mélanésiens, aborigènes d’Australie, chinois, indiens qui ont formé le premier royaume appelé « Fou –nan »  beaucoup plus grand que le Cambodge d’aujourd’hui : presque toute la péninsule indochinoise.

-L'empire Khmer Hindouiste puis Bouddhiste du 11ème au 14ème

Avec la lignée des rois « Jayavarnam 1er en 802 »... « Jayavarnam 7 » en 1227 :

C’est l’apogée du royaume Khmer, l’âge d’or de sa civilisation avec le culte de Bouddha (Bouddhisme Mahayana) et la construction des temples d’Angkor, la capitale.

Le déclin du 14ème au 19ème siècle :

En 1351, Angkor est prise par le royaume voisin du Siam (la Thaïlande actuelle qui restera, comme le Vietnam surtout, son ennemi héréditaire au fil des siècles). La capitale devient Phnom-Penh.

Le Cambodge vit une longue période de décadence politique sans cesse envahi et annexé par ses voisins qui détruisent tout ...

Le Bouddhisme Theravada devient un recours à la lassitude et un élément fondamental de l’identité cambodgienne.

1863 :Le protectorat français 

Dans ce contexte, dès 1853, l’intervention de la France est sollicitée, et en 1863 le roi Norodom place son pays sous protectorat français : le Cambodge est intégré progressivement dans l’Empire colonial français : Vietnam, Laos, Cambodge vont former pendant presque un siècle, «  l’Indochine française » ou « Union Générale Indochinoise » .

En 1897, Paul Doumer, gouverneur général d’Indochine, écrit, qu’après 40 ans de protectorat français, les progrès économiques ont été nuls.

Dans la première partie du XXème cependant les français construisent un certain nombre d’infrastructures : routes, voies ferrées, ports, hôpitaux, mais toujours dans le cadre de l’Union Indochinoise.

En 1953 le Cambodge devient indépendant sous la conduite du Prince Norodom Sihanouk, ce qui est confirmé par la conférence de Genève en 1954. Sihanouk tente de maintenir la neutralité, mais son attitude de gauche est ambigüe.

Il est renversé par le coup d’état du Général Lon Nol – extrême droite- en 1970 qui rebaptise le pays « République Khmère ».

Les Khmers rouges

En 1975, les communistes révolutionnaires « Khmers rouges » de Pol Pot, cautionnés par Sihanouk, prennent le contrôle du pays et font de 75 à 79, une révolution radicale et sanglante (Atrocité - déportations - 2 millions de morts), jusqu’à ce que l’armée vietnamienne vienne délivrer le pays en décembre 1979 et proclame

la « République Populaire du Cambodge ».

Les forces vietnamiennes quittent le Cambodge en 1989, l’ONU envoie les siennes en 1990..

Le pays est aujourd’hui une monarchie constitutionnelle à tendance dure, avec un roi et un premier ministre. Le roi Norodom Sihanouk redevenu chef de l'État, a abdiqué une seconde fois en 2004 au profit de son fils cadet.


Aujourd’hui le Premier Ministre Hun Sen s’est beaucoup rapproché des États-Unis, et le pays a tendance à s’américaniser : langue anglaise, dollar US etc... la culture française est en voie de disparition au Cambodge.


Le pays reste globalement très sous-développé : pauvreté, corruption (trafics –pierres précieuses, bois, prostitution, drogues ...) système judiciaire très médiocre, défaillance de l’éducation.

Le site d'Angkor me semble tellement imprégné d'histoire d'Hindouisme et de Bouddhisme, que je pense qu'il peut être intéressant de rappeler très brièvement ce que sont  ces "religions"  ou "philosophies" ou "croyances" ...
 

Hindouisme


L'hindouisme, beaucoup plus ancien que le bouddhisme, est issu de l'ensemble des croyances religieuses et sociales du Bramahisme = système social et religieux de l'Inde traditionnelle, fondé sur la division de la société en castes.


LES TROIS GRANDS DIEUX:


BRAHMA:

Créateur du monde, c'est lui qui crée les dieux et les hommes.

S'exprime à travers le culte des Stupas et des Reliques, et dans les monastères.

 

 SHIVA + Sati +Parvati

Ne pas se tromper: Shiva est un homme, le dieu du cycle de la vie et de la mort.

Il peut détruire le monde!

Sur le chignon des ascètes, on peut voir la déesse GANGA, déesse des fleuves, et autour de son cou, le Cobra.

Shiva va épouser PARVATI, la soeur de VISHNOU, et aura 2 fils:

l'éléphant GANESH, l'impur, qui lui- même aura 2 filles Dourga et Kâli dont est issu la secte des étrangleurs les Thugs (violation des interdits), et  SkANDA, fils "pur" car issu du seul sperme de SHIVA, qui prône l'abstinence.

VISHNOU, le frère de Parvati

qui maintient le monde en l'état, grâce au déluge qui éteint l'incendie allumé par Shiva ...

De ce déluge est issu le premier homme MANU, qui lui même a 10 avatars:

Matsya le poisson, Kurma la tortue qui retrouve les choses perdues, Varaha le sanglier, Narasimba l'homme Lion, Vamana le nain, les deux Rama : les rois singes, le dieu Krisna et son épouse Radha, Kalki le cheval blanc ....et Bouddha (eh oui, le Bouddha que tout le monde connait ... on le retrouve là!),  la boucle est bouclée entre Hindouisme et Bouddhisme.
L'Hindouisme n'est donc pas en opposition totale avec le Bouddhisme! 


Bouddhisme :


566 av JC: Naissance de Siddharta Gautama né à Lumbini au Népal, Prince de Sakya, qui en méditant sous un arbre accède à la BOHDI =l'illumination, devenant ainsi le BOUDDHA. Son discours moral est nouveau (la roue du Dharma= les lois): le désir et l'avidité sont à l'origine de toute souffrance, il faut lutter par autodiscipline, et rectitude de conduite morale,  jusquà obtenir le NIRVANA .

On appelle Dharma la loi bouddhique et Karma la rétribution des actes.
 

Le Bouddhisme prône la voie du milieu  (le ni... ni...) pour éviter l'illusion donc la souffrance.


Les 4 grandes écoles du Bouddhisme:


1- HINAYANA (petit véhicule) est le courant dominant originel.

2 - MAHAYANA (grand véhicule) date de l'an 0. Il prône la compassion et l'altruisme grâce à l'éveil. La doctrine est transmise vie après vie par les Bodisatvas avec leurs Sutras.

Cela a donné : en Chine, le CHAN – au Japon, le ZEN et au Vietnam le THIEN

3- VARANAYA (véhicule du diamant) en l'an 500. Tibet. Le Maître devient « qualifié »

4- THERAVADA (ou doctrine des Anciens) en l'an 700 à Ceylan. C'est un courant traditionnel conservateur. Les enseignements s'appellent SUTRAS, la vie est monastique (vinaya), et l'ethique personnelle rigoureuse. »


 



 

L'arrivée de Pierrot, le dieu "Make Make" au Cambodge !



Par Martine Bachelier - Publié dans : Cambodge
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Dimanche 8 mars 2009

9 - 5 : L'eau, le bambou et le feu : 
                                                                        
 


« Ah ... je voudrais bien, Madame, Monsieur, mais je regrette, je suis occupé cet après midi, je vends des glaces aux passants, merci à vous ». Le vieil homme, 73 ans nous dit-il, refuse dans un français parfait la bière que nous lui proposons. Nous n'insistons pas mais ne n'abandonnons pas pour autant cette bière glacée! Les Laos les plus âgés semblent être les plus passionnants, car témoins de l'histoire de l' « Indochine ».

Ils parlent très bien français, ont connu, dans leurs montagnes, le passage des différentes armées et cultures qui ont régulièrement voulu s'imposer sur leur territoire – Thaïlande, Vietnam, France, Chine, États-Unis... Ils viennent à la rencontre du tourisme qui s'accroît sans cesse, toujours mieux organisé, et qui parait transformer Luang Prabang à rythme soutenu.

Je découvre Luang Prabang mais, surtout, retrouve ma p'tite maman qui fait route avec son sac (et son couteau, si, si!) depuis presque 4 mois : impec', elle est au rendez-vous au minuscule aéroport de Luang Prabang, en pleine forme malgré la chaleur, alors que j'ai plutôt la tête disons ... dans les baskets après mes trois vols enchaînés!

 

Pas de peine à imaginer qu'il y a quinze ou vingt ans, Luang Prabang devait être une petite ville tranquille et calme au bord du Mékong déjà imposant à cette étape de son itinéraire, petite ville mais ville royale tout de même – d'où la profusion de temples et de lieux sacrés.

Aujourd'hui, les bruits de construction et de mobylettes se répondent dans chaque rue, quand ce ne sont les disques qui jouent à plein tube, nuit comme jour –  tout étant prétexte à une fête... – ou les chants harmonieux mais persistants des coqs !

 Enfin, des paquets de choses sont brûlés en permanence à Luang Prabang : les déchets, le charbon pour faire le feu de la cuisine, les encens, les terrains pour dégager les végétaux morts : de ce fait, une brume envahit quasi tout le temps la ville, en cette saison au moins!


                                                      


Certes, des moines bonzes animent (et entretiennent) toujours les temples mais, selon les témoignages que nous avons recueillis, beaucoup plus par obligation (tout adolescent doit accomplir une période plus ou moins longue dans un temple) que par foi bouddhiste. En revanche, les habitants originaires de la région de Luang Prabang (et encore plus des montagnes alentours) croient fortement aux esprits : des lieux leur sont réservés, certains (les anciens, les chefs de village) ont le pouvoir d'interagir avec eux et de connaître leurs souhaits et les gens veillent à ne pas les offenser dans leur vie quotidienne (ne pas construire ici, ne pas faire telle ou telle activité ...).



                                                         


Hormis cette petite péninsule concentrant les touristes, coincée entre le Mékong et un affluent (Nam Kane), la région de Luang Prabang est perdue dans des montagnes de quelques centaines de mètres qui creusent des vallées profondes que, parfois, quelques rivières ont la bonne idée d'arroser avant de faire grossir le Mékong – mais en cette saison sèche, le niveau est au plus bas, les villageois du bord du fleuve cultivent son lit, en y plantant salades et cacahuètes. Du coup, en attendant les pluies denses de l'été, les pentes des montagnes sont sèches et ce n'est pas la meilleure saison pour s'y balader. Au-delà des rives du fleuve où l'on peut voir la vie des Laos (on dit la langue lao, un "Lao", et non un Laotien ce que je croyais jusqu'ici tel une buse...), principalement des cultivateurs et éleveurs, en dehors des quelques villes du pays.

La remontée du Mékong vers le Yunnan chinois (et en bordure de Thaïlande et du Myanmar) prend une semaine depuis Luang Prabang, mais on peut partir de plus bas (les seuls obstacles sont les grands barrages, situés en Chine ou au sud du Laos, qui obligent à changer d'embarcation) : le trajet est vraiment agréable et intéressant, les gens très accueillants (en tout cas, ceux que nous avons rencontrés) et c'est un bon moyen alternatif (mais un peu roots) de découvrir le pays je pense!



                                                       


C'est donc armés du couteau de Martine que hop! on a dû se livrer à des expériences dignes des grands aventuriers :

 

  • traversée de rapides sur des ponts de bambous ne tenant que grâce à la volonté de Bouddha

                                                  

  • survie à l'aide de la pêche au filet dans les eaux boueuses du Mékong

                                                       

  • navigation sur le fleuve sur des longues et fines barques de pécheurs (qui eux ne sont pas tout à fait longs et fins mais l'équilibre était maintenu, ouf!)

                                                                     

  • recours aux bonzes et à la prière pour rendre les flots plus cléments quand nous ne pouvions traverser

 















    • .  régime de galettes de riz séchées, très robustes et rapides à faire

 













 .participation à la fête en l'honneur d'une nouvelle maison dans le village des Kah-Mou où il a bien fallu tester l'alcool local (de riz) qui se boit à pleines jarres avec des pailles de 9 heures le matin (début de la fête) à minuit le soir, musique à fond

 











 
                         






 









Bon , Ok, alors , vous voulez le voir, alors voilà le couteau!



On est allé dans ce petit village Kha-Mou (ethnie minoritaire) au bord du fleuve, c'est totalement saisissant. Les gens étaient si gentils et enjoués de nous voir ! C'est le règne du bambou : tout est fait en bambou, depuis le minuscule petit panier tressé empli de quelques pétales de fleur pour la décoration jusqu'au toit et aux parois des maisons, les conduits d'irrigation, les arbalètes, les jeux que se fabriquent les enfants, les pontons, les barques,.. C'est génial, le bambou!! Quelques clichés ci-dessous.

 

Ce qui est surtout cool, c'est de se retrouver ensemble ici, mais comme je suis un peu une buse (comme quelques lignes plus haut, ça n'a pas changé), et bien j'ai oublié de faire des photos où on nous voit ensemble, c'est bête comme chou non ? Car pour l'instant qui vous dit que je ne suis pas peinardo en train de glandouiller sur internet bien au chaud chez moi alors que l'hiver sévit à Paris ? Ah ? Donc, il faut bien au moins UNE photo, la voici, la voilà, dans les jardins du palais de l'ancien Roi défunt (je mets une majuscule car on ne sait jamais, un des quatre enfants du dernier Roi du Laos, prétendant au trône donc, vivrait à Paris et si jamais il consultait ce blog et revenait au pouvoir sans que je n'ai pas mis de majuscule... ouille ouille ouille. D'ailleurs, Prince, si tu nous regardes, un salut gaillard et amical de ma part !).


                                                       
 



En plus, je m'améliore, car ça n'est pas toujours facile de voyager avec moi comme je suis un peu chiant sur les bords. Là, j'ai affaire à une voyageuse professionnelle qui a plein de trucs et astuces et qui sait super bien se débrouiller dans toutes les situations (certaines fois, je n'ose pas trop ou suis un peu impatient ... attitudes à proscrire évidemment!). Donc, j'apprends pas mal en plus sur la méthode du bon voyageur, hé, hé ...

 

Un dernier truc qu'il faut avoir en tête, c'est que c'est assez difficile de faire un blog au cours d'un tel voyage : je veux dire, ça demande une réelle discipline qui n'est pas juste de passer une p'tite demi-heure ici ou là sur internet. Il faut trier, réduire, organiser les photos, écrire régulièrement et bien se concentrer pour rédiger (parfois moi je préfèrerais faire une sieste plutôt que d'écrire...), vérifier et publier le contenu avec des connexions le plus souvent capricieuses, c'est donc plusieurs heures à consacrer régulièrement à cela (par exemple, présentement, ça fait 2h00 que j'y suis et il faut que je mette tout ça sur internet maintenant, et ça c'est TRES TRES long!!), bref, je trouve ça assez exigeant, donc chapeau bas la blogueuse !

 

Voilà pour Luang Prabang. Demain c'est départ pour le Cambodge et la région des temples d'Angkor où on pourra mettre cet article en ligne avant de conter d'autres aventures ...

                                                             


(Make Make a quand même mis 4 heures à publier cette petite page, un truc à vouloir s'exiler loin d'internet sur l'Ile de Pâques!!)

-Article rédigé par Pierre le 8 mars 2009-

Par Martine Bachelier - Publié dans : Laos
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